Koumra, des enfants attendent un traitement que le service n'a pas
Dans la pédiatrie de l'hôpital provincial, la malnutrition sévère se soigne mal faute de lait thérapeutique. Reportage.
Le couloir de la pédiatrie sent le savon et la bouillie. Sous l'ombre des manguiers, des femmes attendent avec leurs enfants. Elles fuient la chaleur des salles d'hospitalisation
Dans une salle aux lits serrés, Claudia Yantouinallah, 20 ans, veille sur son fils de 13 mois. Il pèse six kilos. À cet âge, il devrait peser entre huit et dix kilos, explique Henriette Nguinamta, majore de la pédiatrie. « Il ne mange presque pas, il boit à peine », souffle sa mère.
Plus de F-75 ni de F-100
Sans lait thérapeutique F-75 et F-100, un enfant très dénutri ne peut pas se rétablir, même si ses infections sont traitées. Le risque de rechute augmente. C'est toute la chaîne de prise en charge qui se bloque.
A quelques lits plus loin, Aimée Ndadnouba, 17 ans, allaite son enfant d'un an et cinq mois, 5 kilos, malnutrition aiguë. Admis depuis une semaine, il mange deux repas par jour, mais trouver un plat quotidien relève du miracle en cette saison sèche.
Une dizaine de cas par mois
« Depuis un an, le partenaire UNICEF ne met plus à disposition les intrants », explique la majore. Le service enregistre une dizaine de cas chaque mois après dépistage, sans programme structuré pour les prendre en charge.
Ici, la question n'est pas seulement médicale. Elle est logistique et humaine. Tant que les produits manqueront, des enfants comme celui de Claudia resteront en attente d'un traitement qui pourrait les sauver.
Acte 1 – Arnaud Mbaigolmem / BANDE INFO
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