EN DIRECT
Connexion
Flash info
Tchad : 70 migrants expulsés de Libye arrivés à Ounianga-Kébir (OIM) Tchad : hausse de 77% des cas de malnutrition grave à Am Timan (MSF) Tchad : déficit pluviométrique inquiétant dans le Centre-Nord, le Sud proche de la normale La Chine et les Etats-Unis conviennent de bâtir une stabilité stratégique constructive basée sur le respect, l'équité et la réciprocité Goré : la Ligue tchadienne des droits des femmes lance un projet pour l'autonomisation de 55 femmes

RDC : un calme précaire s'installe à Uvira après l'entrée du M23 (PAPIER GENERAL)

GOMA (RDC), 11 décembre (Xinhua) -- Peu après la prise de contrôle d'Uvira par les rebelles du Mouvement du 23 Mars (M23), un calme fragile s'est installé dans cette ville stratégique de l'est de la République démocratique du Congo (RDC), située à la frontière avec le Burundi.

RDC : un calme précaire s'installe à Uvira après l'entrée du M23 (PAPIER GENERAL)
Xinhua News

Les combats qui avaient précédé l'avancée des rebelles ont été arrêtés. Sur le terrain, les combattants du M23 ont maintenu la consolidation de leur présence, à la fois dans la ville et dans ses environs immédiats, y compris à proximité de plusieurs points stratégiques proches de la frontière burundaise.

UN CALME FRAGILE DANS UNE VILLE SOUS TENSION

"Aujourd'hui, la menace a été écartée et nous confirmons que la ville d'Uvira est désormais libérée. Nous appelons nos compatriotes à reprendre leurs activités en toute sérénité. L'AFC/M23 (l'AFC, Alliance fleuve Congo, est le groupe politico-militaire allié au M23) est présente pour assurer leur protection", a déclaré mercredi Lawrence Kanyuka, porte-parole du mouvement se rebeller. A Uvira, les rues restent en grande partie désertes. La présence des rebelles est visible le long de l'artère principale, dans plusieurs quartiers résidentiels ainsi qu'autour de sites jugés sensibles. Le M23 a également pris position dans les ports et au niveau des infrastructures clés dépendant de la ville à la province voisine du Tanganyika. Après la prise de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, par le M23 en février, les autorités provinciales avaient été contraintes de se répondre. Uvira, deuxième ville de la province, avait alors assumé le rôle de centre administratif provisoire. 

Ville frontale du Burundi et nœud commercial important, elle revêt une importance stratégique majeure dans l'est du pays. Depuis le retrait des Forces armées de la RDC (FARDC) et de leurs alliés, une reprise timide de l'activité est enregistrée dans certaines zones. Toutefois, une grande partie de la population reste confinée chez elle, craignant d'éventuelles opérations de ratissage ou une reprise des hostilités. Les écoles restent fermées et la circulation entre le centre-ville et les quartiers périphériques reste limitée. Plusieurs habitants joints au téléphone par Xinhua affirment ne sortir que "pour l'essentiel", invoquant la peur de l'imprévisible. Malgré les appels du M23 invitant la population à reprendre ses activités quotidiennes, beaucoup disent préférer attendre une clarification de la situation sécuritaire.

 UN "CORRIDOR" ANNONCE POUR LE RETRAIT DES SOLDATS BURUNDAIS

 Peu après leur entrée à Uvira, les responsables du M23 ont affirmé ouvrir un couloir sécurisé, selon eux, aux soldats burundais déployés dans la région de regagner leur pays.

Les rebelles disent vouloir éviter des affrontements prolongés, tout en facilitant le retrait de ces forces étrangères engagées aux côtés de Kinshasa."Les événements à Uvira sont une affaire strictement congolo-congolaise. Le M23 respecte la souveraineté et l'intégrité territoriale du Burundi", a déclaré jeudi sur X, Corneille Nangaa, leader politique de l'AFC, ajoutant que le mouvement "n'a aucune visée au-delà des frontières nationales". 

Dans un communiqué publié le même jour depuis Uvira, Lawrence Kanyuka a par ailleurs affirmé que plusieurs groupes de soldats burundais demeuraient retranchés dans les hauts-plateaux de Fizi, d'Itombwe et d'Uvira, accusant ces unités de commettre des atrocités sous couvert d'opérations contre des groupes armés locaux. Aucune vérification indépendante de ces affirmations n'a toutefois pu être établie à ce stade. 

DES CONSEQUENCES HUMANITAIRES ET TRANSFRONTALIERES

De son côté, le gouvernement congolais a condamné l'"avancée illégale" du M23 dans la province du Sud-Kivu, accusant une nouvelle fois le mouvement de bénéficier d'un soutien militaire rwandais. 

Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, a affirmé mercredi que les combats ayant éclaté de Kamanyola, autre cité stratégique de la province jusqu'aux abords d'Uvira, avaient fait "des centaines de morts parmi les civils". 

Depuis des décennies, l'est de la RDC est le théâtre de violences récurrentes, exacerbées par les offensives du M23, que Kinshasa accuse Kigali de soutenir. Le Rwanda, de son côté, nie tout appui au M23 et reproche aux forces congolaises leur collusion avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), accusées d'avoir participé au génocide de 1994.

 Entre le 5 et le 9 décembre, environ 38.000 demandeurs d'asile originaires de l'est de la RDC ont traversé les frontières pour entrer au Burundi, fuyant l'insécurité, a rapporté mercredi la Radio-Télévision nationale du Burundi (RTNB).

Le même jour, le Burundi a décidé de fermer ses frontières avec la RDC en raison de la situation à Uvira, une décision qui, selon des habitants locaux, aggrave la situation humanitaire dans cette zone frontalière proche de Bujumbura, capitale économique burundaise. 

Le gouvernement congolais a prévu jeudi une lettre au président des Etats-Unis et au Conseil de sécurité de l'ONU, dénonçant la gravité de la situation consécutive à l'offensive rebelle à Uvira. "La situation à Uvira marque un grave tournant", indique le communiqué officiel.

 Depuis mardi, plusieurs soldats des FARDC et leurs alliés ont quitté Uvira en direction de différentes localités, notamment Baraka et Kalemie, dans la province du Tanganyika. Le M23 affirme pour sa part poursuivre sa progression vers d'autres fronts, dont ceux de Baraka et de Kamituga.

 Pour l'heure, Uvira reste suspendu à l'évolution des opérations militaires dans l'arrière-pays et à la capacité des acteurs régionaux à éviter une nouvelle spirale de violences.Les organisations humanitaires appellent à un accès sécurisé afin d'évaluer les besoins urgents, tandis que les habitants espèrent que le calme fragile observé ces derniers jours ne cèdera pas à une nouvelle flambée de combats. Ailette

ARTICLES SIMILAIRES

À LIRE AUSSI

Tchad : Le premier ministre reçoit le directeur du département Afrique du FMI
Politique
06 nov. 2023 • 2.5K vues

Tchad : Le premier ministre reçoit le directeur du département Afrique du FMI

Ce lundi 06 novembre 2023, le Premier ministre, Chef du Gouvernement d’Union Nationale Saleh KEBZABO, a reçu en audience une délégation du Fonds Monétaire International (FMI), conduite par Abebe Aemro Selassie, Directeur du département Afrique du FMI, en présence de Tahir Hamid Nguilin, Ministre des Finances, du Budget et des Comptes publics, et de quelques membres du cabinet du Premier ministre.

centre culturel Koulsy Lamko: Sarah Koulamallah échange avec les enfants de la colonie de vacances
Éducation
06 sept. 2024 • 2K vues

centre culturel Koulsy Lamko: Sarah Koulamallah échange avec les enfants de la colonie de vacances

A la colonie de vacances gratuite dénommée « Départ avec le cœur », organisée par la compagnie théâtrale Hadre Dounia dans les locaux du centre culturel Koulsy Lamko de Habbena, les enfants et adolescents ont reçu la visite d’une légende oubliée par l’histoire, Sarah Koulamallah, la première tchadienne à ouvrir le premier salon de coiffure et esthétique au Tchad, ce vendredi 06 septembre 2024.

Dialogue national inclusif : les regrets de Djoret
Politique
15 sept. 2022 • 2.1K vues

Dialogue national inclusif : les regrets de Djoret

Sur sa page Facebook, Djoret, jeune tchadien de la diaspora épris de paix estime que les synthèses du dialogue national inclusif ne prennent pas en compte les aspirations majeurs des concitoyens. Il énumère quelques points sensibles mais jetés dans les oubliettes que nous vous proposons.