Vers la création de l'Union des Conseils économiques et sociaux d'Afrique centrale
La capitale tchadienne accueille depuis mercredi les assises consacrées à la création de l’Union des Conseils Économiques et Sociaux d’Afrique centrale. Parrainées par le président de la République Mahamat Idriss Deby Itno, Président de la République, ces travaux réunissent les délégations du Cameroun, de Centrafrique, du Congo, du Gabon, de Guinée équatoriale, de RDC et du Tchad.
En ouvrant les travaux, le premier vice-premier ministre Limane Mahamat a souligné que l’Afrique centrale traverse "une période déterminante de son histoire". Malgré d’immenses ressources humaines, naturelles, culturelles et économiques, la sous-région reste confrontée à des défis majeurs : diversification des économies, emploi des jeunes, transformation structurelle des systèmes productifs, sécurité alimentaire, préservation de l’environnement, effets du changement climatique et gouvernance des ressources naturelles.
" Ces défis exigent des réponses collectives, concertées ", a-t-il insisté. Pour lui, " l’institutionnalisation de l’Union offre à la sous-région un levier majeur et dynamique dans la gestion des conflits sociaux ".
Le président du Conseil économique social et culturel du Tchad, Mbodou Mahamat, a rappelé que les Conseils économiques et sociaux sont des "institutions de dialogue, de concertation et de participation citoyenne". Ils constituent des "passerelles privilégiées entre les pouvoirs publics et la société civile organisée" et portent la voix des acteurs économiques, sociaux, culturels et environnementaux.
La création de cette Union répond à une ambition claire : "construire un cadre permanent de coopération entre nos institutions, afin d’harmoniser nos réflexions, mutualiser nos expériences et renforcer notre capacité d’influence au service du développement de notre sous-région".
L’Union devra permettre d’élaborer des positions concertées sur les grandes questions d’intérêt commun afin que les avis consultatifs "éclairent davantage les décisions de nos gouvernements et des organisations régionales", a précisé Mbodou Mahamat. Elle visera aussi à faire entendre "avec plus de force et de cohérence la voix de la société civile organisée auprès des instances d’intégration sous-régionale".
Les Conseils ont réaffirmé leur responsabilité d’accompagner les politiques de la CEEAC et de la CEMAC. Ils entendent aussi se mobiliser pour la mise en œuvre effective de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine ZLECAF, présentée comme "une opportunité historique de stimuler le commerce intra-africain, d’accélérer l’industrialisation et de renforcer la compétitivité de nos économies".
Pour que cette ambition devienne réalité, "il est indispensable que les citoyens, les entreprises, les syndicats, les associations de femmes et de jeunes ainsi que l’ensemble des composantes de la société civile soient pleinement associés au processus", a souligné le président du CESC tchadien.